En attente du philosophe 2

Publié le par bernard.fortin.over-blog.com

Bernard Fortin

 

Voici, une suite qui impliquera une suivante etc. comme toute répétition du même au même.



 Peinture-Alain-Badiou.jpg

 

                                                                                        Bernard Fortin

Peindre un portrait c'est regarder l'autre dans son intériorité. C'est une rencontre dont on a besoin pour fixer le temps. C'est une image déformante qui explique la vision que l'on a de l'autre parce qu'on l'a rencontré.

Bernard Fortin à l'adresse du Philosophe Alain Badiou 


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Ce que nous voyons, ce qui nous regarde.

Georges Didi-Huberman

Collection "critique"

Les editions de Minuit

p. 41

... L'exemple de deux ou trois éléments  - colonnes ou volumes en forme de L - différemment disposés dans le lieu de leur exposition relevait déjà d'un tel protocole. Robert Morris sera allé plus loin, on le sait, en vouant ses objets géométriques aux protocoles explécitement théâtraux de la "performance" :

" Le rideau s'ouvre. Au centre de la scène, il y a une colonne, dréssée, haute de huit peids, large de deux, en contreplaqué, peinte en gris. Il n'y a rien d'autre sur la scène. Pendant trois minutes et demie, rien ne se passe ; personne ,'entre ou ne sort. Soudain, la colonne tombe. Trois minutes et demie se passent. Le rideau se referme". 9

9 - R. Krauss, Passages in Modern sculpture, op. cit., p. 201

On l'aura compris : la façon dont l'objet devient une variable dans la situation n'est autre qu'une façon de se poser en quasi-sujet - ce qui pourrait être un définition minimale de l'acteur ou du double. Quelle sorte de quasi-sujet ? Celle qui, devant nous, simplement, tombe. La présence que Robert Morris met en œuvre se sera réduite, ici, à la rythmicité élémentaire - elle aussi minimale, pratiquement réduite à un seul contraste phénoménologique - d'un objet capable de se tenir debout pour, soudainement et comme inéluctablement, choir : pour devenir un gisant de trois minutes et demie, avant que le rideau ne tombe lui-même et qu'il n'y ait plus rien à voir du tout.

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Bernard Fortin

 

Espace-temps, inertie et mouvement pour que le décor prenne acte qu'il est acteur de cette tragédie du choir. C'ette absurdité n'a aucune complaisance avec le public qui, s'il n'est pas nommé doit être présent comme nous-mêmes pour assister à cette représentation théâtrale et minimale. Nous sommes devant une peinture d'artiste tridimensionnelle qui nous regarde et nous interpelle.

Alors, comme il est nécessaire de lire la suite...

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Séminaire 2011 - 2012

Que signifie "changer le monde"

Publié le 8 août par Alain Badiou (Archives mensuelles : août 2011mainstream philosophique)

L'expression "changer le monde" a déjà une assez longue histoire. Le XIXème siècle, où domine la philosophie de l'histoire, a annoncé que ce changement se ferait dans la continuité d'un progrès. Le XXème siècle où dominent les projets politiques prométhéens, s'est tourné vers la rupture, l'innovation radicale, les avant-gardes, la construction d'Etats chargés d'incarner au plus vite l'Idée dont se soutenait qu'un nouveau monde soit à la fois possible et nécessaire.

Nous écrit Alain Badiou. Il poursuit par :

Aujourd'hui, nous voyons bien qu'il faut reprendre entièrement la question du changement réel, au-delà de l'antinomie suivante : ou rupture totale, engendrant "l'homme nouveau" qui lui correspond ; ou continuité installée (capitaloparlementarisme) d'une incessante innovation, qui n'a d'autre preuve que l'obsolescence précipitée de ce qui fut antérieurement produit.

Puis, nous dit-il, encore :

Il doit exister pour tout acteur du changement un possible témoin de son action, une invariance qui autorise à dire que le changement est réel pour un Sujet. ...

jusqu'à poser cette double question :

... : peut-on identifier un changement de monde, et travailler à son advenue ?

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Bernard Fortin

Voici la réflexion que je déduis de ce texte qui n'est que partiellement montrer sur mon blog. A vous de lire sa proposition pour le séminaire de 2011 - 2012  sur le site de l'ENS ; (rue d'Ulm à Paris).

Bernard Fortin

Nous savons qu'il n'est pas possible de "changer le monde" puisqu'il ne peut être que modifié. Il existe tel quel. Inversement, il peut s'autodétruire par la propre énergie qu'est la Nature. Quant à l'homme, s'il est un Sujet primaire, il semble pouvoir le faire.

à suivre...

 

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